8 mars 2002 : Contre les violences faites aux femmes, la paix en toute complicité!

Journée internationale des femmes: 8 mars

Non, ce n’est pas une erreur ! C’est bien le thème que le Collectif 8 mars, dont fait partie la FTQ, a retenu cette année pour la Journée internationale des femmes, occasion par excellence pour célébrer les luttes des femmes.

Évidemment, la violence n’a rien de réjouissant et semble même prendre de l’ampleur tout autour de nous ; pensons seulement aux tragiques événements du 11 septembre dernier.

Véritable fléau social, la violence touche tant les femmes que les hommes, les syndicats que les groupes de femmes, l’individu que la collectivité et les gouvernements. Eh bien justement : parce que la violence empoisonne nos vies et qu’on veut l’éradiquer, pourquoi ne pas profiter de ce 8 mars dans nos milieux de travail pour réfléchir, échanger, proposer des solutions, des stratégies, de l’espoir ? D’autant qu’au cours des derniers 8 mars, les femmes du Québec se sont fortement mobilisées autour des revendications de la Marche mondiale des femmes et que les réponses reçues du gouvernement sont dérisoires. Plusieurs de nos demandes n’ont guère avancé. Parmi celles-ci, une campagne grand public de sensibilisation et d’information pour mettre fin aux violences faites aux femmes. 2

Sur tous les fronts !
Peu importe qui l’on est et d’où l’on vient, qu’on soit d’ici ou d’ailleurs, la violence nous concerne, individuellement et collectivement. On en vit, on en fait vivre ; on la tait, on en tombe malade ; on en est témoin, on ferme les yeux ; on la banalise, on en subit les conséquences directes et indirectes. De près ou de loin, quelle que soit la forme qu’elle prend, à la maison, en voiture, à l’école, sur la rue, dans les jeux, au travail, dans le monde… elle nous atteints. Personne n’est épargné. Les efforts de la FTQ et de ses syndicats affiliés pour enrayer les violences de nos milieux de travail et ailleurs ont permis de belles avancées : une conscientisation accrue au phénomène, des politiques syndicales, des recherches et guides syndicaux, des clauses de convention collective, des efforts de prévention, etc. Des victoires très importantes à célébrer, certes, mais qui ne peuvent nous faire oublier que tout n’est pas gagné. Pensons aux victimes qui préfèrent se taire que d’en parler et restent isolées ; aux témoins qui n’osent se compromettre ; aux travailleuses qui ne savent pas que leur syndicat peut les aider ; au syndicat pas toujours bien outillé pour défendre ses membres ; à l’ambiance au travail, à la maison…

Parce que la violence porte atteinte à notre intégrité, à notre sécurité physique et psychologique, qu’elle mine notre droit à l’égalité et est tellement lourde de conséquences pour nous et pour les autres, ici et ailleurs dans le monde, personne n’a le droit de rester indifférent. La violence ne s’arrêtera pas toute seule et toute seule, on ne peut l’arrêter. C’est ensemble, femmes et hommes, dans la solidarité, le respect et la paix, que nous pourrons y arriver. C’est faisable ! Bon 8 mars à toutes !

TOUJOURS UTILES !
Vous pouvez également réutiliser les outils déjà distribués par la FTQ, mais toujours actuels, tels la déclaration de politique FTQ contre la violence, le Guide pratique pour prévenir la violence faite aux femmes, le rapport de recherche FTQ La violence conjugale et ses conséquences… voyons-y !, le guide Au travail comme partout, la violence faite aux femmes : faut que ça cesse, maintenant !, le rapport de recherche en partenariat avec le CINBIOSE-UQÀM intitulé Agir pour contrer la banalisation de la violence en milieu de travail. Tous ces documents sont toujours disponibles au centre de documentation de la FTQ.


QUE PEUT-ON FAIRE POUR DÉVELOPPER DAVANTAGE LA SOLIDARITÉ, LA COMPLICITÉ ENTRE NOUS?
Petites actions, GRANDS RÉSULTATS !

On se questionne, on réfléchit

  • Qu’est-ce qui empêche les femmes de parler de violence ?
  • Qu’est-ce qui empêche les témoins de la dénoncer, de prendre
    parti pour la victime ?
  • Quelles sont les responsabilités de l’employeur ? Celles de notre
    syndicat ? Les nôtres ?
  • Quels moyens se donner pour mieux se soutenir ?
  • Que peut-on faire dans nos milieux de travail pour prévenir la
    violence ?
  • Quelle solidarité, quelle complicité pouvons-nous établir entre
    femmes ? Entre les femmes et les hommes ?
  • Quels défis se posent pour les syndicats ?
  • Comment peut-on développer une meilleure complicité avec
    d’autres groupes ?

    On agit en…

  • distribuant le matériel 8 mars (affiches et épinglettes) ;
  • préparant des activités dans notre milieu de travail pour en parler,
  • identifier des stratégies, proposer des solutions ;
  • organisant des conférences, ateliers de discussion, stands
    d’information, rencontres avec la déléguée ou le délégué syndical ;
  • se donnant une politique syndicale pour contrer la violence dans
    notre milieu de travail, si nous n’en avons pas ;
  • utilisant mieux nos divers réseaux (condition féminine, santé et
    sécurité, déléguées et délégués sociaux), en les faisant travailler
    davantage ensemble ;
  • établissant ou raffermissant nos alliances entre femmes, et avec les
    hommes ;
  • formant un comité de condition féminine chez nous, s’il n’y en a
    pas encore ;
  • continuant de revendiquer de la part du gouvernement une
    campagne d’information grand public pour faire échec à la violence
    faite aux femmes ;
  • participant à des vigiles ou activités de mobilisation pacifiques ;
  • célébrant nos luttes et nos victoires, si humbles soient-elles ;
  • faisant de ce 8 mars une occasion pour renouveler notre engagement en faveur de l’égalité, de la justice, de la paix, etc.
  • >>>>Pour souligner le 8 mars : activités régionales FTQ


    1. Le Collectif 8 mars, dont fait partie la FTQ, avec les autres organisations syndicales et la Fédération des femmes du Québec.
    2. Ce n’est d’ailleurs pas une nouvelle demande ; déjà, à son congrès de 1993, la FTQ la réclamait du gouvernement dans sa déclaration de politique sur la violence.