Biennale de réflexion en condition féminine FTQ - Jeudi 25 septembre 2003

Biennale

Un débat animé par l’écrivaine Hélène Pedneault et regroupant 7 militantes et un militant a permis de faire le point, de tracer un bilan des 30 années de condition féminine à la FTQ et ailleurs.

Un débat animé par l’écrivaine Hélène Pedneault et regroupant 7 militantes et un militant a permis de faire le point, de tracer un bilan des 30 années de condition féminine à la FTQ et ailleurs.

Un quiz enlevant!

La journée a débuté par un quiz, histoire de se rappeler les acquis du mouvement des femmes, leur place dans nos structures, dans la société. Vous pouvez répondre aux questions de ce quiz, animé par Gisèle Auger (TUAC-500) et Francine Legendre (Teamsters), à la page d’accueil du portail FTQ. Comparez vos connaissances à celles des quelque 210 participantes à la biennale.



« Regards différents »

Un débat animé par l’écrivaine Hélène Pedneault et regroupant 7 militantes et un militant a permis de faire le point, de tracer un bilan des 30 années de condition féminine à la FTQ et ailleurs. Ce débat avec des personnes toutes impliquées à fond dans leurs milieux aurait tout aussi bien pu s’intituler « différents regards » ou encore « différentes perspectives ».

Hélène Pedneault a d’entrée de jeu reconnu qu’elle était encore tombée sur un congrès de la MAFIA, merveilleuse assemblée de femmes intelligentes et agréables! Elle a également évoqué la possibilité que FTQ puisse vouloir dire « fameuses travailleuses du Québec ». Sur une note humoristique, l’écrivaine a rappelé qu’en 1973 la FTQ ne comptait que 20 % de femmes (50 000) alors qu’aujourd’hui elles sont 160 000. « Si la tendance se maintient, en 2035 la FTQ sera entièrement féminine ».

Le débat en vrac :

Est-ce que ça vaut encore la peine aujourd’hui de maintenir des comités de condition féminine? Oui, et encore plus que jamais avec les politiques du gouvernement Charest qui visent directement les femmes, sur les services de garde, la santé, la sous-traitance, etc. Il est important de rappeler aux jeunes que des femmes se sont battues dans le passé pour les acquis d’aujourd’hui comme les congés de maternité.

Les luttes pour la participation des femmes au marché du travail, pour l’équité doit continuer. L’écart entre femmes syndiquées et non syndiquées se creuse et on a besoin des comités de condition féminine et des syndicats pour diminuer cet écart. Pour les femmes immigrantes, l’apport des syndicats est très important pour les amener à militer.

Hélène Pedneault a suggéré que de plus en plus les revendications des femmes allaient devenir celles des hommes qui partagent de plus en plus les tâches familiales, la responsabilité des enfants, etc. dans le cadre d’une réelle conciliation travail et famille. Cette suggestion est venue dans le cadre d’un échange avec le seul homme du panel.

Le débat a permis de faire ressortir le chemin parcouru mais surtout le chemin qu’il reste à faire, notamment par l’implication des femmes dans des domaines comme la santé et la sécurité du travail, champ majoritairement occupé par des hommes jusqu’à maintenant.

Les priorités

L’équité salariale, la réouverture de l’article 45 qui vise les femmes dans le secteur public. La lutte dans la santé et le secteur public, c’est la lutte de toutes les femmes du Québec. La conciliation travail et famille, la réorganisation du temps de travail, la syndicalisation des femmes non syndiquées, la création d’un lien de confiance avec les femmes syndiquées immigrantes, la relève, le renforcement des clauses contre le harcèlement, rebâtir l’action collective, redonner confiance aux personnes sur l’efficacité de la mobilisation, humaniser les milieux de travail. Toutes ces priorités et d’autres se sont dégagées du débat mais la base pour la mise en œuvre de ces priorités, c’est l’organisation, la syndicalisation.

« Un des principes de la communication c’est de répéter. Il faut dire et redire et redire encore les luttes des femmes, d’ou viennent leurs acquis. C’est comme ça qu’on fait avancer les choses, qu’on va de l’avant », a rappelé Hélène Pedneault avant de donner la parole aux participantes dans la salle. Il faut enseigner l’histoire des luttes syndicales, des luttes des femmes, dans le public et non seulement dans nos milieux de travail.

« Des alliés ce ne sont pas nécessairement des amis. Il ne faut pas confondre amis et alliés » C’est par cette phrase de Simone De Beauvoir qu’Hélène Pedneault a conclu le débat en expliquant qu’il fallait que tous ceux et toutes celles qui ont les mêmes idées, les mêmes buts poussent dans le même sens.