Les femmes et l'emploi : Une force grandissante, parce que de plus en plus présentes...

Condition féminine

En 1996, 54 % de l’ensemble des femmes étaient en emploi contre 42% en 1976; cette tendance à la hausse devrait se poursuivre dans les prochaines années;
c’est chez les mères avec de jeunes enfants que le taux de participation a le plus augmenté; aujourd’hui, les femmes occupent 45 % de tous les emplois (contre 35,4 % en 1976);

  • la proportion des femmes parmi tous les effectifs syndicaux a plus que doublé entre 1967 et 1997, passant de 20 % à 45 %;
  • une travailleuse sur trois est syndiquée;
  • les femmes représentent le quart de la main-d’œuvre syndiquée du secteur privé, mais les deux tiers de la main-d’œuvre syndiquée des services publics;
  • les femmes syndiquées gagnent 33 % de plus que les femmes non syndiquées;
  • les syndiqués et syndiquées ont un taux de participation à un régime de retraite professionnel trois fois supérieur à celui des personnes non syndiquées.

    …mais pas encore à pleine égalité…

  • Au niveau des secteurs

  • les femmes constituent environ la moitié des effectifs du secteur public et 43,5 % de ceux du secteur privé;
  • elles sont beaucoup plus présentes dans le secteur des services (53,5% de l’ensemble des emplois) que dans celui des biens (23,9%).

    Au niveau salarial

    En 1994, les femmes occupant un emploi à temps plein durant toute l’année gagnaient en moyenne 26 734 $ comparativement à 38 201 $ pour les hommes.

    Au niveau du temps partiel…

    Les femmes occupent 68 % des emplois à temps partiel (une proportion stable entre 1976 et 1996); et le 1/3 des femmes qui travaillent à temps partiel préféreraient travailler à plein temps mais ne trouvent pas de tels emplois;

  • le taux de syndicalisation des personnes travaillant à temps partiel (des femmes dans une proportion de 68 %) est considérablement plus bas que celui des personnes qui travaillent à temps plein (22,7 % contre 34,7%).

    …et d’autres formes d’emplois…

  • Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à occuper un emploi «non standard» (31 % contre 16 % en 1989), c’est-à-dire qui n’est pas de 9h à 17h, du lundi au vendredi;
  • en 1993, la moitié des travailleurs ayant plus d’un emploi étaient des femmes. Les jeunes travailleuses (15 à 24 ans) qui détenaient des emplois multiples étaient plus nombreuses que les hommes du même âge.

    …ce qui n’est pas sans conséquences…

    Travail à temps partiel, «à durée limitée», occasionnel, contractuel, sur appel, intermittent (horaires brisés ou irréguliers), à distance, à domicile, autonome, à la pige, multiple (plus d’un emploi), etc. : c’est ce qu’on entend par travail atypique… et les femmes sont sur-représentées dans les emplois «atypiques», notamment dans les services. Or, ces types d’emplois sont aussi souvent caractérisés par de faibles salaires (rémunération au sens large) et avantages sociaux (assurances diverses, régimes de retraite, congés…), peu de protection sociale (assurance-emploi, CSST…) et de sécurité d’emploi. Ça, c’est la précarité.

    …souvent pénibles pour les femmes

    La situation financière est directement touchée;

  • les horaires irréguliers, non prévisibles, de soir, de nuit, de fin de semaine, durant les jours fériés, sur appel, etc., rendent difficile l’organisation des arrangements de garde;
  • effets néfastes sur les enfants, sur la vie de famille, sur la vie de couple, sur la santé, tant physique que mentale; on manque de temps et de ressources pour s’occuper des parents âgés ou autres;
  • on s’oublie, on manque de temps pour soi, pour se reposer, pour les amis, pour se ressourcer, pour la vie syndicale, scolaire, communautaire, pour se perfectionner…;
  • l’isolement est une réalité pour un nombre grandissant (travailleuses à domicile, télétravailleuses, travailleuses autonomes…); etc.

    Note : Extrait du document d’appui les femmes à la FTQ : une force grandissante!, préparé par le Service de la condition féminine FTQ pour la Rencontre biennale de réflexion en condition féminine des 3 et 4 décembre 1997, pp. 5-7.