Lettre-mémoire de la FTQ concernant le projet de loi no 64, Loi sur l’immatriculation des armes à feu

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) est la centrale syndicale la plus importante au Québec avec plus de 600 000 travailleurs et travailleuses qui œuvrent dans toutes les régions du Québec et dans tous les secteurs de l’économie. Représentant plus de 200 000 membres femmes, la FTQ est la centrale qui compte le plus grand nombre de travailleuses syndiquées au Québec. Depuis sa fondation en 1957, la FTQ a largement contribué à tous les débats concernant les enjeux féministes au Québec.

Le 6 décembre 1989, Luc Lépine a assassiné 11 femmes à Polytechnique. Elles sont mortes parce qu’elles étaient des femmes. Très rapidement, des voix se sont fait entendre pour resserrer le contrôle des armes à feu au Canada. La FTQ, en particulier via son comité de condition féminine, a participé à cette bataille qui se voulait une manière d’assurer un avenir plus sécuritaire aux femmes. Dès 1992, le Conseil général de la FTQ adoptait des résolutions pour « enjoindre le gouvernement à limiter et contrôler l’achat d’armes à feu et à interdire l’achat d’armes automatiques et semi automatiques qui engendrent des drames, du désespoir et accentuent les inégalités entre les femmes et les hommes ». C’est dans cet esprit qu’est créé le registre des armes à feu en 1995.

C’est animé de motifs idéologiques et partisans que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a décidé d’abolir la portion « armes d’épaule » du registre en 2012. La FTQ s’est insurgée contre ce recul majeur et a appuyé toutes les luttes, politiques comme juridiques, pour freiner ce projet. C’est en toute logique que la FTQ s’est également opposée à ce que les données du registre concernant le Québec soient éliminées. Nous avons salué le recours juridique du gouvernement du Québec visant à protéger ces données. À notre avis, la Cour d’appel et la Cour suprême ont erré en permettant au gouvernement fédéral de les détruire.

Plusieurs membres de la FTQ sont des chasseurs et possèdent donc des armes à feu. Il est regrettable que certaines personnes fassent l’amalgame entre chasseur et potentiel agresseur. Si personne n’aime remplir de la paperasse, il faut reconnaître que cela n’a jamais tué personne. On ne peut en dire autant des armes à feu. Ainsi, nous estimons que les quelques inconvénients administratifs qui accompagnent le registre sont minimes comparés à son importante fonction. Nous devons plutôt penser aux vies qui pourront être sauvées par le nouveau registre québécois.

Le présent projet de loi démontre la volonté du gouvernement du Québec de réagir contre ce recul et de prendre des responsabilités en matière de contrôle des armes à feu. Bien sûr, le Code criminel demeure la prérogative du gouvernement fédéral, bien sûr un registre canadien aurait été plus efficace, mais nous sommes d’avis qu’un registre québécois des armes à feu s’avère un outil essentiel pour lutter contre la violence faite aux femmes. La FTQ appuie avec vigueur ce projet de loi.

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