Réaction préliminaire au lancement de la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes

«La FTQ trouve que la stratégie gouvernementale est à saveur électorale et demeure sceptique sur les moyens de sa mise en œuvre pour arriver à une véritable égalité.» –Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ

Montréal, le 29 juin 2017. – Présente ce matin au dévoilement de la Stratégie gouvernementale pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), qui a participé aux consultations depuis 2015, salue la mise en place de la stratégie gouvernementale qui engage 24 ministères et organismes. Malgré des intentions louables, plusieurs mesures ne sont pas nouvelles. Nous espérons que toutes les pièces de ce vaste casse-tête trouveront leur place et contribueront à concrétiser l’égalité entre les femmes et les hommes au Québec.

«Il faudra juger de la valeur de l’arbre à ses fruits. Nous retenons qu’un budget total de 80 millions de dollars sur 5 ans sera consacré à cette stratégie, mais avec seulement 32 millions d’argent frais pour les nouvelles actions.

«Il faut se réjouir du maintien des structures en condition féminine et des missions respectives du Conseil du statut de la femme et du Secrétariat à la condition féminine, deux organismes essentiels de la stratégie sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Par contre, en maintenant l’abolition du volet régional de “Chapeau, les filles !”, nous estimons que le gouvernement fait fausse route. Québec doit rétablir cette initiative qui permet que les filles et les femmes puissent accéder au plus grand nombre possible de formations et d’emplois d’avenir», déclare la vice-présidente de la FTQ et présidente du comité de condition féminine de la FTQ, Louise Michaud.

Les mesures pour améliorer l’autonomisation économique des femmes auraient dû être plus importantes. Le gouvernement entend miser notamment sur de l’encouragement et de l’accompagnement des femmes entrepreneures. Il a aussi annoncé des efforts pour augmenter la mixité en emploi, la sensibilisation et l’accompagnement des milieux de travail et améliorer l’employabilité des femmes. Par contre, il n’y a rien sur les programmes d’accès à l’égalité dans l’ensemble des secteurs d’emploi afin que les femmes fassent des avancées notables un peu partout, rien pour améliorer la retraite des femmes et très peu sur l’application de la Loi sur l’équité salariale partout où elle doit s’appliquer. Les actions visant les femmes immigrantes sont trop limitées et nettement insuffisantes.

«Sur la conciliation famille-travail-études, nous aurions aimé que le gouvernement annonce le dépôt d’une loi-cadre sur la conciliation famille-travail-études. Par ailleurs, nous saluons les efforts supplémentaires pour que s’applique concrètement l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) qui doit se faire dans tous les ministères et organismes afin d’éliminer la discrimination systémique dont les femmes font l’objet», déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux. La création d’un indice québécois de l’égalité entre les femmes et les hommes qui se veut complémentaire à l’ADS ne doit toutefois pas se limiter à des données statistiques. Les indicateurs qui seront choisis devront tenir compte de l’aspect qualitatif afin de mieux comprendre les raisons des difficultés rencontrées par les femmes.

Enfin, il faut noter que la campagne d’austérité du gouvernement a beaucoup touché les femmes. Par exemple, le financement des groupes de femmes qui soutiennent, qui accompagnent, qui servent et qui défendent les femmes a été réduit, voire complètement coupé, il est opportun que Québec rétablisse leur financement. Ainsi, l’augmentation de 10 000 dollars pour financer les tables régionales de concertation de groupes de femmes nous apparaît nettement insuffisante.

«On le constate : la persistance des nombreuses discriminations systémiques et des inégalités que vivent les femmes nécessite plus d’efforts et surtout des ressources gouvernementales accrues pour faire réellement progresser l’égalité pour toutes les femmes. Les enjeux sont nombreux et importants. Reste maintenant au gouvernement à livrer ses engagements en ce qui a trait à sa nouvelle stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Beaucoup restent à faire et c’est dans un esprit collaboratif que la FTQ reçoit cette nouvelle politique», conclut le secrétaire général.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses, dont 40 % sont des femmes.