Résumé des échanges à la Biennale des femmes - 30 ans déjà… et un avenir prometteur

Biennale

Un débat animé
25 septembre 2003 – Quelque 220 militantes FTQ en condition féminine se sont penchées sur le travail des comités de la condition féminine et les dossiers à prioriser pour les prochaines années. Pour mettre la table, huit invitées (sept femmes et un homme) discutaient de leurs perceptions du travail de ces comités et, plus largement, des expériences, des approches et stratégies en condition féminine, des priorités et bien d’autres choses. Animé par madame Hélène Pedneault, écrivaine, le débat a littéralement captivé les déléguées qui, à leur tour, ont poursuivi la discussion en tables rondes. Ensemble, nous avons pu faire le point sur nos réalisations en condition féminine jusqu’à présent, la pertinence de nos revendications et actions, et l’identification des problématiques et enjeux des prochaines années.

À la question «Que doit-on poursuivre…?», la réponse a été claire et unanime : toutes nos luttes sont importantes. Si la conjoncture nous impose de mettre davantage l’accent sur certaines luttes, cela ne signifie pas que les autres ne sont pas importantes et que nous devions les laisser de côté. Nous sommes très conscientes que nous pouvons facilement reculer si nous ne demeurons pas vigilantes et actives. C’est pourquoi plusieurs ont réitéré l’importance de répéter sans arrêt nos revendications, de les expliquer et de les faire connaître dans nos rangs et à l’extérieur du milieu syndical.

Poursuivre, c’est aussi aller plus loin, ouvrir de nouvelles pistes d’action et se donner des moyens pour rejoindre d’autres membres ou pour informer la relève. On trouve important de faire une place aux nouvelles membres, à la relève, notamment parmi les jeunes et les personnes immigrantes. On considère qu’il faut être davantage à l’écoute de leurs attentes et de leurs besoins et on reconnaît qu’il faudra faire un effort particulier pour les informer sur nos enjeux et les messages que nous portons ainsi que pour les intéresser à s’impliquer davantage; à nous d’agir.

Des idées nouvelles pour l’action et la mobilisation
La sensibilisation, l’éducation, la formation et l’information sont toujours au cœur de nos pratiques syndicales et les tables rondes ont identifié une liste impressionnante de moyens pour réaliser nos objectifs.

Ainsi, on a parlé d’une campagne d’information afin de sensibiliser nos membres et la population en général sur nos acquis syndicaux et sur le rôle positif joué par les syndicats et les comités de la condition féminine pour améliorer nos droits sociaux en général, et ceux des femmes en particulier. Sur ce point, on a cité comme exemples nos revendications concernant la conciliation travail/famille, devenue un des grands enjeux actuels dans la société ainsi que nos efforts en santé et sécurité du travail. Ainsi, en corrigeant les outils ou les méthodes de travail pour résoudre les difficultés rencontrées par les femmes, notamment dans les métiers non traditionnels, on a permis des avancées importantes en matière d’ergonomie qui ont eu un impact sur l’ensemble des travailleurs et des travailleuses.

Par ailleurs, on considère qu’il faut diversifier nos moyens de formation et quelques idées nouvelles sont ressorties lors de la synthèse : un Festival des films syndicaux, des conférences-bilan sur nos acquis syndicaux et sociaux, la création d’un forum d’échange sur l’internet, etc.

En ce qui concerne les jeunes, on aimerait pouvoir rejoindre davantage ceux et celles qui sont en fin d’études secondaires afin de leur parler des milieux de travail mais aussi de «raconter» nos luttes syndicales et les acquis de ces luttes, notamment en condition féminine. Intervenir dans les écoles, oui, mais on juge aussi essentiel d’en parler à la maison. Nous devons véhiculer nos messages, partager davantage nos préoccupations et nos acquis avec les membres de notre famille, notre conjoint ou conjointe, nos enfants, notre entourage.

Pour nos jeunes en milieu de travail, on a insisté sur l’importance de l’accueil, avec des mécanismes à caractère plus formateur. Exemple ? Un «marrainage» pour faciliter l’accueil tout en préparant la relève… dans le syndicat et dans les comités de la condition féminine.

Améliorer la visibilité de nos dossiers, dans nos milieux de travail et dans nos syndicats
Les déléguées étaient aussi préoccupées par le traitement des dossiers de la condition féminine et souvent même par la difficulté à aborder des questions qui touchent particulièrement les femmes à l’intérieur du milieu de travail… et de la structure syndicale.

L’organisation du milieu de travail n’est pas toujours propice à celle d’activités d’information et de sensibilisation. C’est souvent même difficile d’arriver à tenir nos assemblées générales car les difficultés de conciliation travail/famille font en sorte que les femmes y participent moins. Les déléguées ont envisagé d’autres moyens, plus simples, comme des rencontres à la cafétéria durant les pauses et les repas, obtenir du temps de libération pour que les membres du comité de la condition féminine puissent rencontrer les femmes sur les lieux de travail, etc.

En ce qui concerne la vie syndicale, il faut continuer à sensibiliser les exécutifs syndicaux et faire ressortir les aspects positifs des actions menées par les comités de la condition féminine et ce, du niveau local jusqu’à la centrale. On souhaite une meilleure reconnaissance de nos actions et on considère qu’il faudrait que ces questions (et le rapport du comité de la condition féminine) soient toujours à l’ordre du jour des assemblées générales ainsi que dans les journaux syndicaux. On mentionne aussi l’intérêt de se concerter davantage et même de s’associer avec les autres comités syndicaux pour certains dossiers.

Enfin, on a aussi des attentes face à la FTQ. On aimerait que les représentantes des femmes au Bureau de la FTQ aient davantage de moyens pour remplir leurs mandats. On voudrait qu’elles soient véritablement les porte-parole de la FTQ lorsque les dossiers concernent les femmes. Certaines ont même souhaité qu’il y ait un troisième poste de dirigeantE (occupé par une femme).

Par ailleurs, certaines déléguées ont demandé que la FTQ fasse des efforts pour qu’il y ait davantage d’activités dans les régions car ce sont toujours les déléguées des régions qui assument des frais importants pour être en mesure de suivre les activités, ce qui limite évidemment le niveau de participation.

Nouveaux dossiers et priorités
Même si les déléguées ont insisté pour poursuivre le travail en cours, plusieurs dossiers nécessitent davantage d’action de la part de la FTQ et des syndicats affiliés.

Ainsi, les déléguées sont préoccupées par la sous-traitance, car elles considèrent que ce phénomène touche davantage les femmes, ainsi que par la mondialisation. Elles ont aussi insisté sur les droits des travailleuses non syndiquées ainsi que sur l’accès à la syndicalisation car elles sont conscientes que l’écart se creuse de plus en plus entre syndiquées et non syndiquées.

Au niveau syndical, la priorité clairement identifiée concerne le recrutement et la formation de la relève, ce qui implique d’abord qu’on fasse connaître nos acquis, qu’on s’assure du transfert de nos connaissances et de nos compétences.

En terminant, plusieurs déléguées ont mentionné qu’il ne fallait pas avoir peur de la confrontation car le rapport de force est toujours nécessaire, ne serait-ce que pour préserver nos acquis.