Journée internationale des femmes - Bilan du 8 mars 2008

L’autonomie économique des femmes était au cœur des actions et revendications du Collectif 8 mars – dont la FTQ – encore cette année, et c’est le Service de la condition féminine de la FTQ qui coordonnait l’ensemble des travaux du Collectif 8 mars pour le choix du thème, la production du matériel, les documents et toutes les activités politiques et médiatiques.

Au niveau national

Le Collectif 8 mars avait retenu quatre revendications dans le but d’améliorer l’autonomie économique des femmes du Québec :

  • la hausse du salaire minimum à 10,43$/h, afin de permettre à une personne seule qui travaille 40 heures/semaine d’avoir un revenu annuel équivalent au seuil de faible revenu avant impôt, tel qu’établi par Statistique Canada;
  • la lutte contre la précarité du travail pour les femmes, notamment par la fin des disparités de traitement fondées sur le statut d’emploi, le respect de nos droits fondamentaux de se syndiquer, de négocier, de faire la grève et de choisir notre syndicat, de même qu’un meilleur accès à l’assurance-emploi;
  • la politique gouvernementale promise depuis 2004 sur la conciliation travail-famille-études (et non une politique familiale plus vague et moins compromettante pour le gouvernement face aux employeurs);
  • la reconnaissance des diplômes et des acquis pour l’ensemble des travailleuses, notamment pour les immigrantes.

Ces demandes ont fait l’objet de discussions lors de rencontres politiques avec les chefs des deux partis d’opposition, Mario Dumont (c’était une première!) et Pauline Marois, ainsi qu’avec la ministre responsable de la Condition féminine au PLQ, Christine St-Pierre. Cette année encore, le Premier ministre Charest a brillé par son absence lors de la rencontre avec les représentantes des femmes du Québec. Toutes les rencontres ainsi que la conférence de presse qui les a clôturées ont été organisées par la FTQ pour le Collectif 8 mars. Pour la FTQ, les porte-parole ont été les vice-présidentes Louise Mercier et Danielle Casara.

Des résultats décevants

Il fallait s’y attendre : les résultats ont été plutôt décevants. L’ADQ a démontré une méconnaissance de l’ensemble des dossiers et a plutôt cherché à détourner la discussion pour s’en prendre au Parti libéral. Le PQ nous a appuyées, tout en faisant preuve d’une certaine prudence sur les engagements. Quant au PLQ, la ministre, qui ne semblait pas au fait de ses dossiers, ne s’est bien entendu engagée à rien, ce qui nous a particulièrement déçues.

Les porte-parole du Collectif 8 mars ont aussi profité de ces rencontres pour manifester leur profond désaccord avec la proposition du 100$/semaine de l’ADQ et celle du PLQ sur la hausse des tarifs des services de garde à 8$. La première ne règle en rien les problèmes liés aux places manquantes dans les services de garde et ferait en sorte de confiner davantage les femmes à la maison avec, comme résultat, une dépendance économique immédiate et à plus long terme. La deuxième est carrément inacceptable, le PLQ ayant déjà trahi sa promesse de geler les frais de garde en les augmentant de 40% en 2003, sans compter qu’une hausse à 8$ ne garantit aucunement une autre augmentation dans le futur.

En résumé, on ne s’attendait pas à des miracles, mais à tout le moins à ce que nos représentantEs politiques connaissent ces dossiers. Nous avons la ferme intention de maintenir la pression pour faire des avancées au chapitre de l’autonomie économique des femmes, quitte à créer des occasions pour mieux revenir à la charge. Et tout compte fait, nos rencontres auront au moins servi à faire de l’éducation … politique!!!

La FTQ et ses régions

Cette année témoigne d’une recrudescence au niveau de la participation des femmes aux activités du 8 mars organisées par pratiquement tous nos conseils régionaux. Dans certaines régions, on note même la présence de militantes dont le syndicat ou la section locale n’est pas encore affilié au Conseil régional. Sur la Côte-Nord, c’était la première fois qu’on organisait une activité d’envergure et certaines militantes ont manifesté leur intérêt pour créer un comité de la condition féminine.

Les trois vice-présidentes représentant les femmes à la FTQ n’ont pas chômé non plus et se sont fait un plaisir de répondre aux diverses invitations pour parler du thème de cette année. Lucie Levasseur s’est rendue en Outaouais le 6 mars. Danielle Casara est allée en Haute-Yamaska (7 mars) et dans Laurentides-Lanaudière (12 mars); elle a aussi participé aux rencontres avec l’ADQ et le PQ. Quant à Louise Mercier, elle a participé aux activités de Québec (6 mars) et de Mauricie-Centre du Québec (13 mars). Elle a aussi fait quelques entrevues avec les médias, participé à la rencontre avec la ministre St-Pierre, puis à la conférence de presse le 7 mars à Québec.

De son côté, le Service de la condition féminine de la FTQ en a eu plein les bras cette année avec les préparatifs du 8 mars. Non seulement participe-t-il activement au Collectif 8 mars, mais il a coordonné tous ses travaux depuis septembre 2007, organisé toutes les rencontres politiques, soutenu les vice-présidentes dans leurs activités de représentation, rédigé des articles médiatiques et autres documents, produit un numéro spécial du bulletin NouvElles, préparé une exposition dans la salle du hall de l’édifice FTQ et soutenu activement plusieurs régions dans l’organisation de leurs activités.

Un grand merci!

Nous voulons remercier les membres du Comité de la condition féminine de la FTQ pour leur contribution aux activités, de même que les conseils régionaux pour la distribution du matériel, l’organisation des activités du 8 mars et le suivi auprès du Service de la condition féminine en vue de la rédaction d’une page spéciale du Monde ouvrier de mars-avril 2008.

Prochain rendez-vous : 8 mars 2009!!!