La FTQ à l'ONU pour la 60e session de la Commission de la condition de la femme

Marcelle Perron, vice-présidente représentant les femmes de la FTQ fait partie de la délégation syndicale canadienne.

Marcelle Perron, vice-présidente représentant les femmes de la FTQ fait partie de la délégation syndicale canadienne.

Du 14 au 24 mars 2016, la FTQ faisait partie de la délégation syndicale comptant plus de 160 femmes syndicalistes provenant de 34 pays différents qui participent à la 60e session de la Commission de la condition de la femme à l’ONU (CSW60), New York. Le thème principal de la Commission porte sur l’autonomisation des femmes et son lien avec le développement durable.

La Commission examinera également les conclusions de la dernière session sur «l’élimination et la prévention de toutes les formes de violences contre les femmes et les filles». Il s’agit d’un thème très large où il est possible de faire avancer les choses de façon à ce que toutes les femmes et les filles canadiennes puissent vivre et s’épanouir à la hauteur de leurs rêves. La délégation syndicale joue un rôle important auprès des gouvernements qui participent à la conférence. Avec les organisations non gouvernementales (ONG), elle exerce des pressions pour que leurs demandes soient prises en compte dans les conclusions qui seront adoptées. Plusieurs ateliers et panels sont organisés sur différentes problématiques liées au thème (l’emploi, la santé, l’éducation, la violence et les changements climatiques).

Conférence «We were there»

Le 16 mars il y avait une conférence organisée par l’AFL-CIO à la Ford Fondation afin de rendre hommage aux femmes de toutes générations et de tous milieux de travail avec thème «We were there», et aussi rendre hommage aux 2 personnes assassinées dernièrement en Amérique du Sud, chansons et témoignages au menu. Il y a eu aussi un témoignage sur le travail domestique.

 

Consultez la version finale des conclusions concertées (anglais seulement) 24 mars 2016

Consultez le document portant sur les priorités syndicales (anglais seulement)

Rencontre avec la ministre de la Condition féminine du Canada et le premier ministre du Canada

17 mars : La ministre de la Condition féminine du Canada, Patricia A. Hadju et le premier ministre Trudeau étaient à NY au début de la semaine. Les déléguées du Canada présentes pour cette 60e session ont dit avoir reçu une très bonne écoute de leur part. « Je demande le meilleur pour toutes les femmes et les filles de notre pays », déclarait le premier ministre.

 Atelier sur les difficultés rencontrées par les femmes qui veulent immigrer vers un pays d’accueil

18 mars : Participation à un atelier au Church Center sur les difficultés rencontrées par les femmes qui veulent immigrer vers un pays d’accueil. Les femmes immigrantes On peut penser que les femmes immigrent pour fuir la guerre, améliorer leur sort ou juste pour le plaisir de vivre une nouvelle aventure, mais pour plusieurs la réalité est toute autre. Prenons le cas d’Alimata qui vit au Burkina Faso, mariée depuis 7 ans et mère de deux enfants, dont le conjoint travaille en Italie en agriculture. Avec son statut de travailleur agricole, son salaire lui permet d’envoyer un peu d’argent à sa famille mais pas de lui rendre visite. Il voudrait bien que sa femme et ses enfants viennent le rejoindre, mais depuis 2008 la récession a amené des changements. Le programme de réunification des familles a été coupé en Italie. Son mari travaille moins et a donc moins d’argent à envoyer à sa famille. Alimata doit survivre, nourrir ses enfants tout en s’occupant de la famille élargie qui est aussi à sa charge… Que faire? Il est évident qu’il faut trouver des solutions pour des changements concrets qui devraient s’inspirer des conclusions concertées de la 60e session de la Commission de la condition de la femme à l’ONU actuellement en cours.

 

Consultez le texte de Marcelle Perron suite au meurtre de la consœur Sandra Fortin, membre de la section locale 1937 d’UNIFOR du SNEAA. (21 mars 2016)

Toute forme de violence envers les femmes et les filles est condamnable

22 mars : Toute forme de violence envers les femmes et les filles est condamnable, c’est sans appel. Nous devons dénoncer. Toutes les autorités gouvernementales n’importe où dans le monde devraient en faire une priorité, cela va de soi. Elles ont le devoir de protéger leur population et en particulier les plus vulnérables. Alors comment comprendre que certains gouvernements refusent de soutenir les victimes de viols, de violences sexuelles et d’esclavage sexuel, sans parler des longues séquestrations envers les femmes et les filles.

Les témoignages que j’ai entendus cet après-midi des représentantes de l’Ouganda, de l’Iraq, de la République démocratique du Congo donnent froid dans le dos. Ils nous démontrent bien que les corps des femmes et des filles deviennent facilement un outil de guerre, et même de marchandage. Les femmes et les filles sont les premières touchées lors de conflits et doivent assumées seules les conséquences de ces actes barbares. Elles mettent plusieurs mois voire des années à s’enfuir pour ensuite essayer de se refaire une vie avec les enfants nés du viol, souvent avec des maladies graves comme le sida, parfois sans aucune famille, parce qu’elles aussi ont fait partie des tribus de guerre. C’est inconcevable que des autorités gouvernementales cautionnent ces barbaries. Heureusement des organisations comme le FEPSI en RDC leur viennent en aide. Avec des moyens restreints, ils réussissent à faire des miracles. Cependant, sans le soutien de leur gouvernement les femmes et les filles demeurent vulnérables. Cette 60e session en condition féminine vise justement à ce que tous les pays prennent des mesures concrètes pour assumer leurs responsabilités et qu’enfin les femmes et les filles du monde entier puissent s’épanouir dans un monde juste, basé sur l’égalité pour chacune et chacun de nous.

Consultez le blogue CSW60.

Les négociations se poursuivent pour en arriver à un accord

23 mars : Pour en arriver à un accord, les négociations se poursuivent. Plusieurs avancées ont été réalisées, entre autres l’importance pour les femmes d’avoir un salaire et des conditions de travail décents. Cependant, certaines questions sont toujours en discussion comme la santé reproductive, le droit à l’avortement, l’éducation sexuelle et le travail domestique.

Atelier sur les femmes autochtones du Manitoba

24 mars 2016: Leçon de courage

Le mouvement composé de femmes autochtones de la nation Crie Nisichawayasihk du Manitoba souhaite le retour à la maison de leurs enfants. C’est plus de 11 000 enfants autochtones, dont 90 % sont des filles, qui ont été séparés de leur famille sous prétexte qu’elles ne pouvaient pas en prendre soin. Ce mouvement revendique auprès du gouvernement Trudeau que leurs enfants puissent avoir les mêmes chances que les autres enfants de vivre avec leur famille et s’épanouir auprès de celle-ci.

Rappelons que les vieilles lois sur les indiens ne sont pas et n’ont jamais été adaptées aux autochtones du Canada. La Nouvelle-Zélande, où des mesures de réunification des familles ont été entreprises avec succès, pourrait servir d’inspiration au gouvernement. Mais pour y arriver, ça prend une volonté politique et des ressources adéquates.

Une campagne de cartes postales est en cours afin de faire pression auprès des instances gouvernementales pour la création d’un programme de réunification des familles.