La FTQ dénonce le gouv. Harper sur l’égalité (déc. 2006)

La conférence des femmes de la FTQ des 29 et 30 novembre 2006 a essentiellement portée sur la question de l’égalité pour les femmes et les travailleuses. Sous le thème Parties de loin… Où en sommes-nous ? Où voulons-nous aller ?, plus de 200 déléguées issues de tous les secteurs d’activité et de toutes les régions du Québec ont pu discuter des luttes et des avancées gagnées par les femmes, mais également des reculs qu’elles ont subis dans divers dossiers au cours des dernières années.

Des décisions anti-égalitaristes
Il a entre autres été question des récentes coupes de 5 millions de dollars au budget de Condition féminine Canada et des nouvelles directives interdisant l’utilisation des fonds fédéraux pour entreprendre des projets de recherche et des activités de défense des droits, sous prétexte que l’« égalité est déjà atteinte ».

Le 29 novembre, le gouvernement Harper poursuivait son attaque anti-féministe en annonçant qu’il éliminerait plus de la moitié des postes de Condition féminine Canada et ce, partout au pays. « Il s’agit de 61 postes abolis sur les 131 qui existent actuellement. Ce faisant, le gouvernement Harper ferme 12 des 16 bureaux régionaux au pays, alors que des cadres supérieurs reçoivent une promotion », de dire Marcelle Perron de l’AFPC-Québec et membre du Comité de la condition féminine de la FTQ. « Ce sont les femmes et nos membres qui sont directement visées par ces coupures », poursuit-elle, chaudement applaudie par l’ensemble des déléguées à la conférence des femmes de la FTQ.

Pourtant, l’égalité de fait est loin d’être atteinte pour les femmes au Canada et Condition féminine Canada doit pouvoir continuer de promouvoir cette égalité, à l’intérieur comme à l’extérieur du gouvernement.

Harper bafoue son engagement envers les femmes
C’est Stephen Harper qui, en campagne électorale en janvier 2006, que « le Canada doit faire plus pour s’acquitter de ses engagements internationaux envers l’égalité des femmes… Si je suis élu, je prendrai des mesures concrètes et immédiates, comme l’ont recommandé les Nations Unies, pour m’assurer que le Canada s’acquitte entièrement de ses engagements envers les femmes ».

On peut dire que M. Harper a la mémoire courte ! Par ces gestes, il renie la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de l’ONU signée par le Canada en 1981.

En 2003, l’ONU a pressé le Canada de faire plus pour les femmes afin de réduire la pauvreté, d’éliminer les iniquités salariales, d’offrir de meilleurs services de garde, d’hébergement et d’aide juridique en matière de droit familial.

Les récentes coupures à Condition féminine Canada s’ajoutent à la décision de septembre 2006 du gouvernement Harper de ne pas adopter la loi proactive en équité salariale, telle que recommandée par le Groupe fédéral de travail sur l’équité salariale dans son volumineux rapport de 2004. Ce rapport, rappelons-le, a été rédigé après une série de consultations pancanadiennes et de difficiles échanges ayant mené à des consensus entre le patronat, le gouvernement, les syndicats et groupes de femmes.

C’est donc une triste période pour les femmes, pour leur droit à l’égalité, pour les droits humains. Mais fidèles à elles-mêmes, les femmes ont décidé de réagir. La preuve ? Une manifestation organisée le 10 décembre à Ottawa pour contester les gestes du gouvernement Harper concernant les droits des femmes. Non, c’est pas fini !