Les femmes veulent plus que des promesses électorales


Lettre d’opinion du Collectif 8 mars, dont la FTQ est membre, parue dans Le Journal de Montréal, le 15 septembre 2018.


Lors d’une campagne électorale, les partis politiques cherchent à séduire l’électorat à coup de promesses. Les beaux discours selon lesquels l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale ne font pas disparaître, dans les faits, les inégalités économiques et sociales que vivent les femmes. À l’approche du scrutin du 1er octobre, les femmes réclament des engagements fermes pour lever les obstacles qui les empêchent encore d’atteindre l’égalité dans les faits.

Réunies au sein du Collectif 8 mars, nos organisations représentent quelque 700 000 Québécoises provenant autant des groupes autonomes de femmes que d’organisations syndicales. Nous profitons de la campagne en cours pour rappeler nos priorités aux partis et à leurs candidates et candidats.

Combattre les violences envers les femmes

La campagne #MeToo de l’automne 2017 a mis en lumière l’ampleur de la violence que subit encore une majorité de femmes, et ce, dans toutes les sphères de leur vie.
Une véritable offensive gouvernementale est primordiale, prévoyant le déploiement d’une campagne de sensibilisation et de prévention contre toutes les formes de violence, le renforcement des services sociaux disponibles pour les victimes de violence et l’amélioration de l’accès au système judiciaire pour les femmes, lorsqu’elles décident d’y recourir, pour que toutes soient confiantes d’être traitées avec respect et sans discrimination.

Réinvestir dans les services publics et les programmes sociaux

Les sérieux dommages causés par les mesures d’austérité des dernières années ont particulièrement affecté les femmes, notamment parce qu’elles occupent les deux tiers des emplois dans le secteur public et parce qu’elles sont les plus grandes usagères des services publics.

Un réinvestissement majeur en santé, en éducation et dans les programmes sociaux ainsi qu’une assurance médicaments universelle sont essentiels pour offrir des chances égales aux femmes.

Promouvoir l’autonomie économique des femmes

Rappelons que 60% des personnes qui travaillent au salaire minimum sont des femmes et que leur taux horaire doit être porté à 15 $ l’heure pour assurer un revenu viable et contrer la pauvreté.
L’Alberta haussera le salaire minimum à 15 $ dès octobre 2018, quelques mois avant l’Ontario, prévu en janvier 2019. Pour sa part, la Colombie-Britannique s’est engagée à graduellement hausser le salaire minimum, pour atteindre l’objectif de 15,20$ en juin 2021.

Le Québec est capable de faire davantage et plus rapidement que prévu.

Favoriser la conciliation famille-travail-études

La mise en place de mesures de conciliation famille-travail-études est plus que jamais nécessaire.
Pour y parvenir, le prochain gouvernement devra adopter une loi-cadre pour l’ensemble des milieux de travail et d’étude, afin de permettre aux familles de trouver un équilibre entre leurs vies professionnelle et familiale, dans une perspective d’égalité entre les femmes et les hommes.

Contrer le racisme et la discrimination

Le racisme et la discrimination ciblent particulièrement les femmes, surtout les plus vulnérables d’entre elles. Toutes les femmes sans statut devraient avoir accès aux systèmes de santé, de justice, d’éducation et devraient bénéficier des droits du travail.

Toutes les femmes autochtones ne devraient plus souffrir de discrimination systémique dans les différents aspects de leur vie. Il est inacceptable qu’au Québec, en 2018, des femmes soient privées d’accès aux soins de base et victimes d’exploitation.

Le gouvernement doit agir et mettre en place des mesures fermes pour enrayer cette discrimination systémique.

Écouter la voix des femmes

Nous désirons croire qu’au-delà des vœux pieux et des beaux principes, les bottines suivront les babines du prochain gouvernement! En attendant le jour du scrutin, nous nous attendons à des réponses claires sur les engagements des partis à l’égard des femmes.

Les membres du Collectif 8 mars

Marie-Claude Raynault, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), Isabelle Daigle Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Véronique De Sève, Confédération des syndicats nationaux (CSN), Line Camerlain, Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Joanne Bertrand, Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Marie Boti, Femmes de Diverses Origines (FDO),Shirley Dorismond, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Gabrielle Bouchard, Fédération des femmes du Québec (FFQ), Louise Michaud, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), Maryse Rousseau, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et Manon Therrien, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).